Ce matin là pour moi n'est pas le même que tous les autres puisque je vais découvrir une pêche nouvelle ,celle des grands poissons du large et j'avoue que la seule approche que j'ai d'elle c'est par la lecture de multiples articles halieutiques et autres reportages filmés et écrits.
Alors ,quand le bateau piloté par YVES HARLEPP passe la balise rouillée de la passe de GOLFITO en accélérant , je me dis que je vais vivre une journée extraordinaire.
LEONARDO est le capitaine du bateau et je suis en compagnie de LUDO et d'HERVE.
Pour cette pêche ,quelques sardines seulement ont été capturées et mises dans le vivier .
Le bateau est armé pour la pêche hauturiere et le matériel est forcement adapté car il s'agit de capturer des poissons d'un autre gabarit : je ne m'étendrait pas trop sur la liste mais il y a la dans les portes cannes du bord une trés belle brochette de cannes et de moulinets , en parfait état de fonctionnement et d'une robustesse n'ayant d'égale que leur réputation , leur puissance va de 20 à 50 lbs et les moulinets sont remplis chacun de plusieur centaines de mètres de monofilament de diamètres différents selon leur taille.
Le rocher de MATAPALO à la sortie du GOLFODUCE
c'est un superbe endroit , ou de trés puissants courant sont certainement garant de la grande richesse en poissons de l'endroit.
C'est Yves HARLEPP qui décide de l'action de pêche , et qui conduit le bateau et c'est LEONARDO qui est chargé detoute la préparation des leurres , des appats et de la mise en pêche des lignes .
Avant la mise à l'eau le déballage des appats et des leurres et teasers à jupe.
J 'ai longuement observé cette phase de préparation des lignes et c'est bigrement interessant. LEONARDO est un maitre en la matière avec des gestes précis et éprouvés .
Ici c'est la préparation d'un mulet congelé avant de le museler , armé d'un hameçon simple bien affuté à la pierre , dans un leurre à jupe.
Le dispositif des leurres à l'arrière du bateau est précis et les techniques employées le sont avec peu de variante sur toute la côte pacifique.
En gros 5 ou 6 lignes dont 2 teasers non armés sont mis à l'eau et trainées à une vitesse de 6noeuds environ ;Ces teasers sont des leurres à jupes sortes de gros poppers qui laissent un sillage de bulles et de turbulences à l'arrière du bateau .
En plus des lignes trainées ainsi , LEONARDO prépare une sardine vivante armée d'un hameçon simple en attente dans le vivier , et un balaou armé qui est placé en fin de traine.
Le balaou est une sorte de sardine à bec pointu qui est un véritable aimant à poisson mais inexistant le long des côtes COSTARICIENNES et acheté congelé au prix fort pour la pêche hauturière.
En fait , lorsque le bateau est en pêche , il traine en génreral 4 lignes armées ( mulet + leurre à jupe ) , 2 teasers judicieusement placés et un ou deux poisson armé en queue de traine .
2 tangons placés de chaque coté du bateau permettent décarter les lignes et de pêcher plus large.
Quand on voit la puissance du matériel employé et la grosseur des bas de lignes ( genre fil à linge.. ) on pourrait penser que la pêche est grossière et donc facile.... que nenni..... il s'agit d'une pêche trés subtile , précise et ne supportant pas l'approximatif et un hameçon mal monté ou bien un poisson mal installé et c'est l'echec...
En fait toute l'action de pêche consiste à trainer dans les zônes supposées riches en poissons... dans l'immensité pacifique on pourait croire que tout est identique partout ou l'on va . Et pourtant il suffit d'un peu d'observation , et de sens de l'eau pour détecter les meilleures zônes.
Il peut s'agir d'une veine de courant , que l'on remarque aux objets flottants , algues ou autres morceau de bois ou reliquats humains.
Ou bien d'une palangre professionnlle flottante au gré des courants
Ou bien alors d'un DCP ( dispositif de concentration de poissons ) naturel qui mérite ici une petite explication.
Le DCP peut être un tronc flottant au gré des courant ,ou bien un vieux cageot de bois ou de plastique ou alors un bidon flottant . Ces objet ,souvent les reflets malheureux de l'activité humaine ,isolés dans l'immensité de l'océan et au dessus de plusieurs centaines de mètres d'eau , génèrent toute une vie animale , une chaine alimentaire complète , allant des algues et mollusques collés à l'objet , au grand marlin rodant quelques mètres plus bas en passant par les petits tilapias , minuscules poissons , les sardines , petites carangues , dorades coryphènes , espadons voilers ,thons parfois quelque grand requin.
Le skipper se doit de longer ces DCP et de faire passer les lignes à proximité .
Durant le séjour à plusieurs reprises j'ai pu voir avec émotion la grande voile sombre d'un grand voilier rodant sous des objets ; un superbe spectacle de la nature.
"VELA !!!!! VELA!!!!! YVES HARLEPP l'aura crié plus d'une fois , et c'est alors un branle bas de combat sur le navire ;soit l'apparition subite d'un poisson musardant en surface , ou bien alors un saut de voilier à quelque distance , ou bien encore un rostre attaquant subitement un teaser sans vraiment mordre.
Lorsque ce dernier scénario se produit et que le poisson est bien là , YVES réduit les gaz et aussitôt LEONARDO file à l'eau la ligne sur laquelle est montée la sardine vivante qui attendait sagement dans le vivier... la plupart du temps le poisson affamé prend le vif et l'engame .
C'est alors aprés un ferrage plus ou moins appuyé selon le type d'ameçon employé ( je ne rentre ps dans le détail ) un festival de sauts magnifiques et de superbes chandelles , là- bas au bout de la ligne , suivis d'un long et puissant rush qui vide la bobine et fait crier le frein du moulinet.
Voici en photos , l'illustration de tout cela...
Ce premier jour , de pêche hauturière je n'ai pas eu la chance de tenir un poisson , sauf quelques courtes secondes aprés une touche fulgurante un terrible rush puis plus rien....MARLIN !!! m'a lancé LEONARDO dépité , aprés le déccrochage... mais au moins je l'aurai tenu quelques instants en tirant la lan
gue...
Non , ce jour là c'est celui de LUDO et d'HERVE qui n'ont pas eu trop de chance hier , c'est donc à leur tour.
J'aurais tout le loisir d'observer et d'en prendre plein les yeux et de voir enfin le VELA ce diamant des mers aux couleurs chatoyantes et aux formes fuselées. Le voir au bateau pris d'une main ferme par LEONARDO , puis monté quelques secondes sur le pont et dans les bras du pêcheur heureux pour repartir quelques secondes plus tard dans les flots bleux , en quelques coups de nageoires.
C 'est en faisant ainsi et avec une pression de pêche professionelle assez faible que les eaux costariciennes restent parmi les plus riches du monde.
Voila la journée se terminera par la prise d'une superbe dorade coryphène qui croisait à proximité d'un DCP ..... elle terminera en excellents petits cubes dans la salade du lendemain...quelle poisson délicieux...
Retour à GOLFITO dans la soirée .... avec les yeux pleins de couleurs et de clichés.
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